Née sous l’empire chinois, la fonction publique prend ses sources sous l’empire chinois et inspire les Etats-Unis puis les occidentaux. Cette grande bureaucratie organisée sous le mérite, l’effort et le résultat, est appelé fonction publique désignant un ensemble de personnes travaillant, sous certaines conditions ou dans un cadre intergouvernemental, au sein des administrations publiques ou dans des services publics d’utilité publique, d’où la notion de service public.
Aujourd’hui au Congo, et ceux malgré son ministère dédié à la fonction publique, ce corps est grandement malade et sclérosé ! Et nous attendons, et sans grand espoir, quelques « réformettes » d’ici-là…. !
Nous progressistes sommes soucieux d’améliorer le quotidien des populations
congolaises du Nord au Sud, et de l’Ouest à l’Est. Voila pourquoi nous sommes la seule alternative possible et cohérente capable de mener des réformes puissantes dont le pays a besoin, car il a
prit un retard d’une cinquantaine d’année pour son développement.
Pour nous, la fonction publique congolaise est le second levier après l’initiative privée que nous voulons de toutes nos forces.
Si nous avons choisi de nous exprimer aujourd'hui, sur l'avenir que nous souhaitons pour notre fonction publique, c'est parce que demain ce sera vous qui aurez à la faire vivre.
Si nous avons choisi d'adresser à travers vous à tous les fonctionnaires un message de renouveau, c'est parce que vous êtes avec votre jeunesse, votre enthousiasme, votre regard neuf, les plus à même d'incarner ce renouveau et peut-être même de le provoquer avec les républicains de progrès.
Notre fonction publique est l'une des plus sclérosé du monde par l’absence de professionnalisme de ceux qui s'y engagent, par leur bas niveau de qualification, par leur absence de moralité et d’éthique, et par le manque de patriotisme, le goût du travail bien fait, le sens de l’intérêt général.
Au Congo, le service public ne devrait plus seulement être une profession, ni seulement un métier, mais devrait-être une vocation.
Nous voulons une fonction publique soumis au résultat dans la qualité des services rendues aux populations et usagers, au mérite dans ses recrutements via des concours d’Etat nette et sans soupçon.
Fini le « travail à vie ».
Une fonction publique dotée de nouveaux moyens modernes de dernières générations, la mobilité en son sein.
Ce que nous souhaitons, c'est une fonction publique où nul d'entre ceux et celles qui y sont n'aient à regretter leurs choix, où nul d'entre eux ne se sentent déçu, ne se sentent trompé. Où chacun se sentira heureux parce qu'il se sentira utile, respecté, reconnu dans ses mérites, dans ses talents, dans ses compétences.
Nous devons, nous progressistes, refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal, qui ne répond pas à ce que nos concitoyens sont en droit d'en attendre, qui perd toute continuité et toute cohérence dans la valse hésitation des réformettes qu'on multiplie sans jamais oser les mener jusqu'à leur terme et surtout, miner par le tribalisme latent.
Nous disons que le malaise est partout.
Il est dans l'Etat qui est devenu impécunieux et impuissant en même temps qu'il ne cessait de s'étendre pour devenir tentaculaire.
Il est dans les hôpitaux totalement désorganisé par l’absentéisme, le tribalisme, l’appât du gain.
Il est dans la fonction publique territoriale, totalement abandonnée à elle-même.
Ce malaise ronge les meilleures volontés.
Ce malaise fait obstacle au changement.
Le moment est venu de reconstruire, de réformer puis de moderniser.
Le moment est venu de refonder l'Etat, de refonder le service public, de refonder la fonction publique. La soumettre aux mêmes exigences que dans le privé : soumis au résultat, au mérite.
Cette refondation nous ne la ferons pas seul, nous voulons l'accomplir avec vous.
Nous souhaitons l'accomplir avec tous les Congolais.
Parce que l'Etat, l'administration, le service public, pour nous progressistes, ce n'est pas que l'affaire de quelques-uns, ce n'est pas que l'affaire de quelques experts. Ce n'est pas que l'affaire des fonctionnaires. C'est l'affaire de tous.
Nous récusons l'idée qu'il y aurait d'un côté le secteur public et de l'autre le secteur privé, d'un côté les fonctionnaires et de l'autre ceux qui ne sont pas fonctionnaires.
Le Congo, c'est tous les Congolais.
C'est le travail de tous les Congolais et donc celui des fonctionnaires qui fait la prospérité du Congo.
Il manque en moyenne à notre pays un point de croissance économique par an pour que nous puissions financer notre santé et nos retraites, pour que nous puissions atteindre le plein emploi, réduire la fracture sociale, régler nos dettes et pour que les enfants du Congo tout entier puissent de nouveau espérer vivre mieux que leurs parents.
Pour l'essentiel, cette croissance, nous ne la trouverons pas en dehors de nous mais en nous. Nous ne pouvons pas nous contenter de compter sur les autres. Il nous faut compter d'abord sur nous-mêmes.
Si nous voulons résoudre nos problèmes, si nous voulons une société fondée sur les principes de l'humanisme, si nous voulons renouer avec l'espérance. Il nous faut travailler davantage, investir davantage, prendre plus de risques, avoir plus d'audace et porter le goût d'entreprendre.
Nous voulons, nous républicains de progrès, Créateurs du possible concilier le privé et le public pour un meilleur développement de notre pays le Congo.
Partout et depuis toujours ce pari du développement se gagne non dans l'opposition du privé et du public mais au contraire dans leur articulation réussie, dans leur capacité à s'entraîner l'un l'autre.
Dans le développement le non marchand est aussi important que le marchand, la qualité aussi décisive que la quantité, l'immatériel aussi crucial que le matériel. La qualité du service public
compte autant pour la croissance que la qualité de la production, la productivité des administrations autant que celle des entreprises.
Pour nous progressistes, le service public ne peut pas obéir au critère de la rentabilité financière. Mais le service public a un devoir d'efficacité. Il a le devoir de rendre le meilleur service possible sans gaspiller l'argent public qui est l'argent des Congolais.
Ne plus gaspiller un seul FCFA d'argent public, tel doit être l'idéal vers lequel nous devons tendre, telle doit être l'exigence que chaque agent public doit s'imposer à lui-même, telle devra être la première règle que tout fonctionnaire devra se fixer lorsqu’il exercera les responsabilités qui demain seront les siennes. Plus de régionalisme et de tribalisme, car ils seront fortement réprimés par la loi.
C'est une question d'économie : nous n'avons plus les moyens de gaspiller, nous avons
trop de déficits, nous avons trop de dettes, nous avons trop de besoins urgents.
L'argent qui est gaspillé, l'argent qui est détourné par la fraude, c'est de l'argent qui est pris à ceux qui en ont le plus besoin. C'est de l'argent qui n'ira pas à la lutte contre l'exclusion, contre la pauvreté, qui n'ira pas à la santé, qui n'ira pas à l'éducation, qui n'ira pas à l'investissement.
C'est aussi une question de morale : l'argent public c'est l'argent des travailleurs, l'argent de ceux qui se donnent du mal pour gagner leur vie, qui ont du mal à gagner leurs fins de mois, du mal à loger leur famille et à élever leurs enfants en travaillant. Le moindre des respects qu'on leur doit c'est de ne pas laisser gaspiller, de ne pas laisser détourner ce qu'ils ont si durement gagné.
S'il y a du gaspillage, s'il y a de la fraude, c'est parce que le système le permet, c'est parce que le système y incite. Nous, nous voulons réformer les consciences. Nous voulons réformer le système.
S'il y a des inégalités, s'il y a des injustices, s'il y a tant de profiteurs qui abusent de la solidarité nationale, s'il y a tant d'abus, si l'Etat fonctionne tellement mal, s'il gaspille, s'il accumule les déficits, s'il croule sous l'endettement, c'est d'abord dans les règles du jeu, dans l'organisation, dans les politiques qu'il faut aller en chercher les causes.
Il ne faut pas se tromper sur les responsabilités.
Il ne faut pas se tromper sur les remèdes.
Ce qui nous arrive n'est pas la faute des fonctionnaires exclusivement.
Les insuffisances de l'école ne sont pas la faute des enseignants exclusivement.
La désorganisation de l'hôpital n'est pas la faute des infirmières ou des médecins exclusivement.
Le chômage n'est pas la conséquence d'un grand accès de paresse exclusivement.
Les Congolais ne sont pas moins courageux, moins inventifs, moins entreprenants que les autres.
Nos fonctionnaires ne sont pas moins rigoureux, moins bons gestionnaires, moins travailleurs que ceux du Sénégal, de l’Afrique du Sud ou de la France.
Nous payons des choix politiques, nous payons un manque de courage, nous payons un manque de clairvoyance, un manque de volonté, dans lesquels toutes les majorités, tous les gouvernements depuis 30 ans ont leur part de responsabilité.
Dans leur immense majorité, les fonctionnaires ont été victimes et pas coupables de cette situation et nous trouvons honteux que l'on en fasse des fonctionnaires, les boucs émissaires d'une défaillance de la volonté politique qu'ils ont davantage subie que provoquée.
Nous n’aimons pas la façon dont on parle des fonctionnaires pour leur faire endosser une responsabilité qui n'est pas la leur exclusivement.
Autrefois, nous avions une fonction publique remarquable, héritière d'une longue tradition de service public.
En 1926, il y avait dans le droit fil du programme de l’Amicale Nationale de la Résistance une grande ambition pour la fonction publique qui était le corollaire d'une grande idée de l'Etat et
d'une grande ambition républicaine.
En 1959, ce fut un autre moment fort de la rénovation de l'Etat, de la restructuration de son autorité, de son prestige, de son unité et la fonction publique a joué un rôle décisif dans la
reconstruction d'un Congo épuisée par les troubles. Dans les Trente Glorieuses, la fonction publique était portée, entraînée par un projet collectif, par une volonté politique. Elle savait ce
qu'était sa mission et elle s'y donnait sans réserve.
Depuis, le monde a beaucoup changé. La société s'est transformée. Les besoins des citoyens ne sont plus du tout les mêmes. Les technologies de l'information et la révolution numérique ont bouleversé notre rapport à l'espace, au temps et au savoir. Depuis, il y a eu les avancées de la construction africaine, la décentralisation, la démocratisation de l'enseignement, l'arrivée à l'âge adulte des générations si nombreuses de l'après-guerre.
Et à aucun moment la réforme de l'Etat et de la fonction publique n'a été prise à bras-le-corps. A aucun moment une réflexion d'ensemble, une rénovation en profondeur de notre système de
gouvernement, de nos administrations n'ont été entreprises. A aucun moment la question de la redéfinition des missions de l'Etat et des moyens d'action de la puissance publique n'a été réellement
posée.
Cette remise à plat, que pratiquement tous les grands pays développés ont accomplie pour s'adapter aux réalités nouvelles de la technique, de l'économie et de la société, le Congo fait parti des
pays qui ne l’ont pas entreprise.
Naturellement, nos administrations sont restées en dehors du grand mouvement de modernisation qui a touché tous les secteurs d'activité. Le secteur public ressemble toujours, mais en pire, à ce qu'il était il y a 30 ou 40 ans. La fonction publique est restée immobile, inerte. On y sent un peu partout un esprit nouveau, celui du tribalisme, des passe-droit, du favoritisme, du régionalisme on y voit se développer des méthodes nouvelles, la corruption, le clientélisme. Aucun souci de l'efficacité et du service de l’intérêt général mieux assumé.
Mais faute d'un plan d'ensemble, d'une stratégie globale du changement, de moyens modernes, faute d'avoir forgé une vision claire des finalités de l'action publique, tout s'est fait dans le
désordre et l’immobilisme, les contradictions se sont accumulées, exacerbées par le rationnement budgétaire qui était le substitut au manque de courage pour réformer. Plus qu'il ne s'est
réorganisé, l'Etat s'est désorganisé.
La modernisation, qui aurait pu, et qui doit constituer un objectif exaltant pour des fonctionnaires aimant leur métier, passionnément
attachés aux valeurs du service public, la modernisation est vécue comme une menace, la réforme comme un sacrifice, comme l'expiation de fautes qu'aucun d'entre eux n'avait pourtant le sentiment
d'avoir commises.
Nous proposons que nous sortions de cette spirale infernale où chacun s'efforce de résister au changement parce que l'on a fini par le convaincre qu'il n'était synonyme que de sacrifices et surtout de la fin des privilèges de la tribu et de la région.
Nous pensons ce que nous disons.
Comme à tous les Congolais, nous voulons vous proposer, à vous fonctionnaires du Congo, et aux populations congolaises une politique d'efforts où tout le monde gagnera au change. Car nous en avons besoins pour rattraper le retard de plus d’une cinquantaine d’années par rapport à d’autres pays.
Nous progressistes, disons qu’Il n'y a pas de réforme de l'Etat et de la fonction publique envisageable sans une revalorisation des carrières des fonctionnaires. Il n'y a pas d'effort supplémentaire sans contrepartie. Il n'y a pas de mérite sans récompense du mérite. Il n'y a pas de réforme de l'Etat réussie si elle ne débouche pas sur une amélioration de la situation matérielle et morale des fonctionnaires, de leur rémunération et de leurs conditions de travail.
La réforme de l'Etat et de la fonction publique ne peut pas être résolue sans un changement en profondeur des méthodes, de l'organisation, des critères d'évaluation et les valeurs morales et
éthiques.
Nous souhaitons une fonction publique moins nombreuse, mieux payée, avec de meilleures perspectives de carrière et un rendu service de qualité aux usagers sur tout le territoire congolais.
Chacun peut comprendre que dès lors que nul ne peut indéfiniment dépenser plus qu'il ne produit, la hausse non maîtrisée des effectifs de la fonction publique a fatalement pour corollaires la
baisse du pouvoir d'achat et le rétrécissement des perspectives de carrière.
Mais, dans notre esprit, la réduction des emplois publics est une conséquence et un moyen de la réforme, non une fin en soi. Cet engagement, nous devons le tenir parce qu'il n'y a aucun autre
moyen pour améliorer le pouvoir d'achat des fonctionnaires congolais et retrouver les marges financières qui permettront à l'Etat congolais de ne plus vivre à crédit en finançant par le déficit,
non l'investissement mais le fonctionnement.
Faire des gains de productivité c'est la seule façon d'éviter d'être un jour ou l'autre contraint à une politique d'austérité pour empêcher l'explosion de la dette.
Mais cette productivité, nous ne voulons pas chercher à l'obtenir par le rationnement, nous ne voulons pas chercher à l'obtenir par une politique comptable qui est souvent un remède pire que le
mal qu'elle est censée combattre.
Nous ne croyons pas du tout à l'efficacité de la gestion par la pénurie et par le stress. Nous ne croyons pas du tout à l'idée que l'on fera la réforme de l'Etat en soumettant tous les
fonctionnaires à une pression extrême.
Nous voulons faire la réforme par la motivation, non par la tension.
La modernisation et la réforme de l'Education Nationale congolaise doit être fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires, qui est nécessaire à l'équilibre de nos efforts.
La modernisation et la réforme de l'administration fiscale congolaise doit être fonction des progrès réalisés dans l'informatisation, dans la simplification des structures ou dans la remise à plat de nos prélèvements obligatoires, du prélèvements de l’impôt sur le revenu à la source et moderniser, l’impôt sur les sociétés, les charges patronales et salariales, car tout le monde comprend bien que si l'on complique sans arrêt la fiscalité il sera plus difficile de faire des gains de productivité dans ce secteur, alors que si on la simplifie, on améliore l'égalité devant l'impôt et on rend la perception et le contrôle plus faciles.
La réorganisation territoriale de l'Etat, la réforme de la justice congolaise, de la carte hospitalière ou de celle des trésoreries ou des perceptions conditionnera elle aussi beaucoup notre capacité à améliorer la productivité de l'Etat en même temps que la qualité du service public. Le même effort doit être consenti par les collectivités territoriales congolaises.
Naturellement, une partie des gains qui seront obtenus dans certains secteurs devront être utilisés pour satisfaire les nouveaux besoins qui se font jour dans d'autres secteurs, pour répondre à
de nouvelles attentes sociales.
L'organisation de la mobilité à l'intérieur du service public est l'un des grands enjeux de la réforme administrative. Il faut que les ressources puissent être constamment redistribuées en fonction des nécessités. La fonction publique a besoin de se doter de véritables instruments de gestion des ressources humaines.
Nous voulons un droit à la mobilité reconnu à chaque fonctionnaire du Congo. Mais il ne suffit pas de le reconnaître. Il faut le rendre effectif. Il faut évaluer les besoins. Il faut les prévoir.
Il faut accompagner ceux qui souhaitent changer de fonction, de métier.
Il faut les inciter quand c'est nécessaire. L'administration ne doit plus pouvoir s'opposer à la mobilité d'un agent qui souhaite aller vers un autre emploi, dans une autre administration ou dans le secteur privé. La seule obligation doit être de respecter un préavis pour que ça ne désorganise le service.
Il faut faire circuler les hommes, les idées, les compétences. C'est une idée totalement étrangère à notre tradition administrative au Congo, à son organisation verticale, à sa gestion par corps, à ses cloisonnements statutaires catastrophiques.
Le corps doit devenir progressivement l'exception. Nous souhaitons que ce soit dans la plupart des cas une gestion par métier qui prévale. C'est une gestion plus horizontale et moins verticale qui doit s'imposer. C'est une longue mutation dans la culture et l'organisation de la fonction publique congolaise qu'il faut rechercher, qui produira des effets dans la durée mais qui améliorera considérablement la carrière des fonctionnaires, qui leur ouvrira des opportunités qui aujourd'hui vous sont refusées.
Il faut aller au bout de cette mutation, de cette ouverture. Nous sommes favorable à ce que l'on ouvre à tous les fonctionnaires la possibilité de quitter la fonction publique contre un pécule, cela se fera aussi dans certains secteurs de l'Etat pour en accélérer la transformation et permettre la promotion de ceux qui sont en dessous, et qui vont passer leur carrière à attendre si l'on ne fait rien. Ainsi le fonctionnaire aurait droit, à l'intérieur du service public ou à l'extérieur, à une seconde carrière.
Dans le même esprit, nous sommes convaincu que pour certains emplois de la fonction publique il serait souhaitable qu'on laisse le choix aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré. Cela donnerait de la souplesse et du sang neuf. Et cela élargirait les possibilités de choisir.
Au fond, pour nous progressistes, c'est cela sans doute le plus important dans la transformation qu'il nous faut accomplir : nous voulons sortir d'une approche purement mécanique, juridique, égalitariste, anonyme. Nous voulons remettre dans l'administration de l'humain, de l'individualité, de la différenciation dans la gestion de la fonction publique congolaise.
Ce que nous voulons, ce que nous croyons profondément nécessaire, c'est que l'on cesse de gérer des statuts et que l'on se mette davantage à gérer des hommes et des femmes. Ce que nous
souhaitons, c'est que l'on s'occupe davantage des personnes et moins des catégories.
Ce que nous souhaitons, c'est que le fonctionnaire en tant que personne ne s'efface pas derrière des textes, des indices, des procédures. On n’a pas progressé, et on est encore loin du compte. Ce doit être le fil directeur, des réformes à venir (déjà annoncée sur notre site-blog ici).
C'est dans cet esprit que nous voulons ouvrir le chantier de l'individualisation des rémunérations pour qu'il soit davantage tenu compte du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats. Pour que chacun soit incité à faire mieux. Pour que les meilleurs soient incités à rester. Et sanctionnés les partisans du tribalisme, du régionalisme, des passe-droits, de la corruption.
La mise à plat des modalités de rémunération est, nous le savons bien, un grand chantier difficile tant le maquis des bonifications, des primes, des avantages statutaires est devenu inextricable,
bafoués et, nous l'affirmons, parfaitement inégalitaire. Et nous progressistes, n’avons pas peur de l'ouvrir, tant on est loin de l'idéal de la fonction publique de l'après-indépendance au point
que l'on combine désormais tous les inconvénients de l'égalitarisme, du tribalisme, du régionalisme sans avoir aucun des avantages de l'égalité, à commencer par la transparence. Ce n'est pas rien
d'arriver à faire de l'égalitarisme sans faire de l'égalité.
Mais avant tout il faut parler d'un sujet qui fâche, les heures supplémentaires. Nous ne comprenons pas qu'on refuse, depuis tant d'années, de parler des vrais sujets du Congo et des vrais problèmes qui touchent les populations congolaises. Au lieu de se préoccuper à vouloir faire taire tous ceux et celles qui ne sont pas en phase avec la conduite des affaires du pays, ou même des voix différentes.
Il y a aujourd'hui des heures supplémentaires qui n'en sont pas, qui sont simplement des compléments de rémunération attribués forfaitairement et qui sont payés à un taux inférieur au taux normal
et pas payés dès fois. Elles doivent être traitées pour ce qu'elles sont : des compléments indemnitaires.
C'est sur les heures supplémentaires qui correspondent à une charge supplémentaire que doit porter le plus gros effort.
Pour nous progressistes,dans la fonction publique, aussi, on doit gagner plus quand on travaille plus. Elles doivent, comme dans le secteur privé, être mieux payées que les heures normales. Elles serviront par exemple à rémunérer les enseignants qui encadreront les enfants après la fin de la classe ou les fonctionnaires qui travailleront davantage pour que les guichets soient ouverts au public le samedi.
Nous voulons que toutes les catégories de fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires quel que soit leur statut.
Dans le même esprit, nous souhaitons que soit ouverte rapidement une négociation sur la possibilité de racheter des heures accumulées sur les comptes épargne temps qui ne peuvent pas être utilisées ou de les utiliser sous forme de droit à retraite complémentaire. Nous pensons notamment à l'invraisemblable situation de l'hôpital qu'il faut régler urgemment au Congo.
La réforme de la rémunération, c'est aussi le développement d'une protection sociale complémentaire qui ne soit pas enfermée dans les statuts et qui puisse faire l'objet d'une négociation collective.
L'individualisation des carrières, la révolution que constituerait une véritable gestion des ressources humaines, appelle bien sûr une autre révolution, celle de la formation continue, celle de la validation des compétences et en corollaire, nous voulons une réflexion sur la culture du concours et sur la notation.
Car, pour nous créateurs du possible, tout se tient : pas de mobilité, pas de perspective d'évolution sans formation continue.
Pas de gestion humaine si le dialogue avec sa hiérarchie se limite à la notation. Ce sont de véritables procédures d'évaluation qui impliquent l'engagement de l'encadrement et la définition
d'objectifs de travail précis qui doivent se substituer aux pratiques de notation que nous connaissons aujourd'hui.
Pas de véritable échappatoire au carcan des statuts si le concours continue d'être la
seule et unique règle pour la promotion et pas de brassage, pas d'ouverture, pas de diversité non plus si les épreuves restent aussi académiques, aussi peu en rapport avec les compétences et
l'expérience de chacun.
Ce que nous républicains de progrès proposons, c'est une révolution culturelle, une révolution pour changer les mentalités, pour changer les comportements et pas seulement les structures, pas seulement les procédures, pas seulement les moyens.
La haute fonction publique doit bien évidemment se montrer exemplaire à la fois dans le partage de l'effort et dans la modernisation.
Ainsi, nous créerons de grands instituts de formations pour intégrer les grands corps de l'Etat. Le nombre de structures d'administrations centrales
sera multiplié par trois.
Vous le voyez, nous sommes très ambitieux pour le service public et pour la fonction publique. Ce que nous vous exposons : un meilleur service public au meilleur coût pour les citoyens, des règles de gestion motivantes et équitables pour les fonctionnaires, dessinent à nos yeux les contours d'un nouveau pacte que nous voulons conclure avec les fonctionnaires et les citoyens.
Ce pacte, nous l’appelons SERVICE PUBLIC 2050, car cela ne se fera pas en un jour. Mais l'ensemble de ces engagements devront être tenus. Nous travaillons actuellement à la préparation de ce pacte, qui doit consister en des engagements simples, envers les fonctionnaires comme envers les citoyens.
Nous proposons de faire un bilan régulier des avancées sur ce chantier de longue haleine, qui sera poursuivi tout au long par tous.
Cette révolution, nous voulons la faire avec vous, nous voulons la faire avec les fonctionnaires. Après tant d'échecs, après tant de reculs, et donc tant de renoncements, il est temps de changer d'ambition et de changer de méthode. Il est temps de comprendre que la réforme et la modernisation est l'affaire de tous, que les efforts comme les bénéfices doivent être partagés, que le point de vue de chacun doit être compris, respecté et entendu.
C'est pour cela qu'il faut vivifier le dialogue social, qui est beaucoup trop formel, qui est dispersé en d'innombrables comités, nourri d'une culture de la confrontation plutôt que de réforme et de modernisation.
Nous vous avons livré notre vision et nos convictions. Maintenant nous souhaitons qu'il y ait un débat dans la nation et dans la diaspora.
C'est pour cela que nous souhaitons que ce grand débat public sur l'avenir de notre fonction publique soit conduit par tous les Congolais de tous bords, ou qu’ils soient.
Nous initierons une conférence sur les valeurs, les missions et les métiers de la fonction publique, qui se déroulera sous peu. Nous voulons redonner du sens aux métiers des fonctionnaires.
Nous lancerons donc cette démarche inédite qui permettra pour la première fois, aux fonctionnaires comme aux non fonctionnaires, de s'exprimer sur les valeurs, les missions et les métiers de la fonction publique pour bâtir un constat aussi partagé que possible sur l'avenir de nos administrations. Ce sujet est trop important pour que nous le conduisions en laboratoire. Les discussions seront ouvertes à tous ceux qui souhaitent faire prendre à notre fonction publique le tournant du XXIe siècle.
C'est pour cela également que nous proposons d'organiser davantage le dialogue social dans l'administration autour du service plutôt que des corps, parce que le dialogue social ne consiste pas à passer en revue des centaines d'actes administratifs individuels mais à discuter ensemble d'une politique de gestion des ressources humaines.
Toutes les propositions que nous venons de formuler, nous le soulignons, sont autant de thèmes de négociation et de concertation avec les organisations syndicales que nous voulons mettre en place si vous me faites confiance en 2012 puis en 2016.
Nous proposons de favoriser partout la logique démocratique de l'élection. Nous souhaitons que l'on enrichisse les sujets ouverts à la négociation collective.
Nous suggérons que l'on abandonne la composition strictement paritaire des instances de dialogue social, qui a mal vieilli. Que d'heures perdues à tant de formalisme au lieu de discuter vraiment des préoccupations des fonctionnaires !
Nous voulons aussi poser la question de la représentativité, comme dans le secteur privé, pour conjuguer démocratie sociale et respect des différentes sensibilités syndicales.
Notre rôle à tous sera décisif au cours des années à venir. Nous souhaitons être de ceux qui bousculeront les habitudes pour rendre notre fonction publique plus moderne, plus performante, plus innovante. Nous souhaitons que, forts de notre expérience professionnelle et de la formation supérieure d’élite congolaise que nous avons suivie en occident, nous soyons les fers de lance de cette rénovation.
Ensemble, nous allons construire la fonction publique congolaise du XXIe siècle.
Des chantiers décisifs, passionnants s'ouvrent pour la modernisation de notre service public et de notre fonction publique avec et grâce à L’U.F.P et son audace de propositions et de réformes vitales pour le pays. Ces chantiers, ce sont les nôtres.
C'est à notre génération que va incomber cette tâche immense et exaltante pour ceux qui ont l'intérêt général chevillé au corps, de poser les fondations d'une nouvelle fonction publique.
Une fonction publique qui ne sera plus figée pour des décennies mais qui sera sans cesse en mouvement, en train de se transformer, de s'adapter, d'innover et où chacun des hommes et des femmes qui la font vivre seront considérés pour eux-mêmes et non pour leur statut juridique.
En somme, une fonction publique progressistes !
Nous, progressistes le disons : nous avons tant tardé que nous n'avons plus le droit d'échouer si nous voulons préserver une certaine idée de l'Etat et de la République. Nous devons tous aborder l'avenir avec le plus grand esprit de responsabilité.
Nous progressistes de L’U.F.P. prenons les nôtres.
Nous les prenons dans un esprit de dialogue et d'ouverture. Mais nous devons aller jusqu'au bout. Parce que ce chantier est vital pour notre pays.
Nous savons les difficultés des fonctionnaires et des congolais.
Nous savons combien il est dur pour certains d'entre eux d'exercer leurs fonctions face au manque de moyens ou face à la violence, au tribalisme et au régionalisme.
Les fonctionnaires du Congo nous trouveront toujours à leurs côtés.
Nous protégerons en toutes circonstances leur dignité.
Nous avons confiance dans les fonctionnaires du Congo.
Nous progressistes de L’Union des Forces de Progrès (U.F.P) invitons les Congolais et les fonctionnaires de prendre à bras le corps ce chantier de la modernisation de la fonction publique que nous proposons, parce que si nous ne le faisons pas ensemble, alors cela ne se fera pas.
Et cette question-là, c'est une question qui se pose à chacun et à chacune d'entre nous dans un état esprit ouvert qui va bien au-delà des clivages politiques habituels.
Notre pays est prêt, nous souhaitons une fonction publique modernisée et nous ne ménagerons pas nos efforts pour que les fonctionnaires du Congo aient la récompense de leur mérite, sachent ce qu'ils ont à faire, soient respectés et considérés pour ce qu'ils sont des serviteurs de l'Etat, de la République et de la Nation et pas des tribus ni des régions.
L’Union des Forces de Progrès (U.F.P). Républicains de progrès.
« De l’Audace, le choix de son Avenir ».
Le pôle économique et de la réforme de l’Etat. (U.F.P).
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